Faites un geste pour l’environnement, jetez le capitalisme à la poubelle !

Plutôt que toutes ces fausses solutions « vertes », individualisantes, « douces », ou « morales », ce que nous voulons c'est un changement radical de société !

Les conséquences dramatiques du réchauffement climatique

L’élévation des températures moyennes d’environ 1° depuis l’époque préindustrielle a déjà suffi à multiplier la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, inondations, sécheresses, incendies,… Un réchauffement supérieur à 2°produirait une modification profonde et durable du système climatique ce qui rendrait très probable des conséquences graves, généralisées et irréversibles pour les populations et les écosystèmes.

Même un réchauffement de l’ordre de 1,5° aurait des conséquences importantes sur tous les écosystèmes et sur pour les populations qui y habitent, particulièrement pour les plus pauvres. À ce titre, il est indispensable de limiter le réchauffement climatique au maximum et de le maintenir en dessous de 1,5° à l’horizon 2100.

L’urgence d’agir

Selon le GIEC, si le rythme d’émissions se maintient à son niveau actuel, il est extrêmement probable qu’un réchauffement de 1,5° soit atteint entre 2030 et 2052, autant dire demain, et conduise à un réchauffement de plus de 4° à la fin du XXIe siècle selon les projections les plus conservatrices.
Pourtant, aucun État ne semble réellement vouloir agir de manière à aller contre ces prévisions. Même si tous respectaient les faibles engagements qu’ils avaient pris lors de la COP21 à Paris, le réchauffement climatique s’élèverait à 3°. Les efforts à mettre en œuvre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5° d’ici 2100 sont donc titanesques et rien n’indique une volonté des États et des industriels de se mobiliser pour sauver le climat.

Nommer les responsables

Le bouleversement du climat et la destruction de l’environnement aussi dramatiques soient-ils ne sont pas une catastrophe, ils n’ont rien d’accidentel. Au contraire, ils sont le résultat d’un système économique, d’un mode de production capitaliste, basé sur l’exploitation à outrance des ressources naturelles et humaines dans le but d’augmenter toujours plus les profits des patrons et des investisseurs.

Jusqu’où ce mythe de la croissance infinie nous mènera-t-il ?

Jusqu’à quand accepterons-nous l’incohérence dans la gestion de la question climatique à l’échelle mondiale ?

Le capitalisme et le réchauffement climatique ne sont pas une fatalité, mais on ne peut que malheureusement constater chaque jour un peu plus leurs effets dévastateurs. D’une part, sur l’environnement : perte de biodiversité, pollution de l’eau et de l’air, phénomènes météo extrêmes… Et d’autre part sur les populations humaines, en particulier les plus pauvres, les personnes racisées et les femmes, qui sont trop souvent les premières à souffrir de ces évènements, comme viennent tristement l’illustrer des évènements tels que l’ouragan Katrina aux Etats-Unis, ou les crises alimentaires liées à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique.

Alors que les plus riches disposent de bien plus de moyens pour échapper à ces évènements naturels ou se reconstruire après ceux-ci, les plus pauvres ne disposent pas de cette opportunité. Une situation bien comprise par certains qui n’ont pas manqué de s’en emparer en créant des marchés spéculatifs spécifiquement basés sur la destruction de l’environnement (certificats verts, obligations catastrophes, etc.). Des marchés qui profitent une fois de plus aux plus riches et qui contribuent à creuser le fossé béant de l’injustice climatique.

Le leurre du capitalisme vert et de la transition

Face à ces constats, et même si le capitalisme pouvait être « moralisé » ou rendu plus « vert », ces démarches ne résoudraient en rien les problèmes de fond que sont l’exploitation des ressources naturelles et humaines. Pas plus que les méthodes d’apprenti sorcier plaçant une foi aveugle dans la technologie et en ayant recours à des méthodes de géo-ingénierie. Diverses énergies – dites vertes – sont amenées comme ébauche de solution à la lutte contre le réchauffement climatique : celles-ci sont critiquables dans le sens où elles sont fabriquées à base de quantités démesurées de métaux lourds, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques par exemple. Elles renforcent le système en place en étant implantées sur des réseaux géants d’énergie qui détruisent l’environnement.

Le constat se fait de manière identique pour la notion de transition douce. Elle nous apparaît tout aussi pernicieuse en ce qu’elle tend à individualiser l’action contre le désastre écologique que nous vivons. Elle semble aussi vouloir unir riches et pauvres dans un même élan de « bonne volonté » alors que le fossé qui les sépare est sciemment entretenu par ces premiers. Nous assistons depuis une dizaine d’années à l’émergence d’une foule de processus visant à responsabiliser les individus en permettant la mise en place d’alternatives de consommation : mouvement zero-waste, incredible edible, potagers collectifs, potagers urbains, etc. Ces alternatives, aussi louables soient-elles, ne seront pas suffisantes pour empêcher le dépassement de 1,5°C et ne concernent qu’une part très peu significatives de la population mondiale. Le seul principe de responsabilisation des individus, qui sert d’argument aux décideurs politiques, est donc un leurre.

Le dernier rapport du GIEC indique que pour atteindre l’objectif de maintient du réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C d’ici 2100, nous devons réduire de 80 % à 90 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. En parallèle, nous savons que les 100 industries les plus polluantes à l’échelle mondiale, produisent à elles seules 71 % des GES. Faire croire aux gens que c’est simplement en réduisant le volume de leur poubelle qu’on réglera la question climatique est un mensonge, cela doit obligatoirement s’accompagner d’un changement du système de production.

L’espoir est dans la lutte

Plutôt que toutes ces fausses solutions vertes, individualisantes, douces, ou morales, ce que nous voulons c’est un changement radical de société !

Un changement qui mettrait réellement en question la manière dont les biens sont produits. Où les populations auraient le contrôle de cette production et de son impact, contrairement à la situation actuelle où ceux qui polluent sont souvent très loin des conséquences de leurs actes.

Un changement qui ne s’accommoderait des « petits gestes » que s’ils permettent de construire un rapport de force réel contre ce géant destructeur qu’est aujourd’hui le capitalisme.

Un changement qui verrait les Etats s’engager de manière ferme, ambitieuse et cohérente pour favoriser un service public fort en faveur d’une justice sociale et climatique.

Un changement qui mettrait au premier plan notre capacité à s’unir et s’entraider pour la construction d’un avenir sans exploitation, sans racisme et sans sexisme.

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