Communiqués de la JOCI et de la JOCA à propos de la situation politique au Venezuela

1. Communiqué de la JOC Internationale à propos de la situation politique au Venezuela

La Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI), mouvement d’éducation par l’action de jeunes travailleurs, présent dans plus de 40 pays à travers le monde, veut exprimer ce qui suit face à la difficile situation sociale, politique et économique que vit le peuple frère du Venezuela, en particulier la classe ouvrière.

1.    Nous voulons manifester notre soutien et notre solidarité sans réserve à tous les mouvements sociaux du Venezuela qui appellent à renforcer le dialogue, unique mécanisme pour résoudre les problèmes internes dans le cadre des pouvoirs démocratiques établis par la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela et le droit international, pour rendre plus dignes les conditions de vie et de travail de la population.

2.    Nous rejetons l’ingérence internationale, les sanctions unilatérales et le gel des avoirs àl’étranger imposés en dehors du cadre du droit international contre la République bolivarienne du Venezuela, lesquels affectent la population vénézuélienne et portent préjudice aux politiques de protection sociale de la jeunesse travailleuse et de la société dans son ensemble.

3.    En vertu des principes démocratiques constitutionnels, afin de prévenir une aggravation de la situation difficile et de ne pas mettre en péril la souveraineté nationale, nous rejetons toute action militaire que pourrait mener une quelconque nation sur le territoire vénézuélien.

4.    Nous encourageons tous les secteurs sociaux et politiques du pays à renouer le dialogue pour affronter et surmonter la crise actuelle qui porte préjudice à la vie de la jeunesse travailleuse et à la société dans son ensemble. Nous saluons les initiatives prises en la matière par le Mexique, l’Uruguay et le Secrétaire général des Nations Unies.

5.    Nous appelons tous les acteurs politiques et sociaux, en particulier le Gouvernement du Président Nicolas Maduro, à recourir à tous les mécanismes démocratiques en vue de résoudre la difficile situation sociale et économique qui porte atteinte à la dignité de la classe ouvrière vénézuélienne.

6.    Nous considérons important de renforcer l’unité du mouvement ouvrier et populaire pour jouer un rôle plus actif tout en préservant son autonomie, afin d’affronter les problèmes etd ’améliorer la qualité de vie.

7.    Nous exhortons tous les gouvernements du monde et les organismes internationaux à défendre les objectifs et principes établis dans la charte des Nations Unies et à veiller à ce que ce soit le peuple vénézuélien lui-même qui trouve une solution à la crise actuelle du pays en garantissant le respect des droits humains.

Bruxelles, le 4 février 2019

Le Secrétariat international de la JOCI


2. COMMUNIQUÉ DE LA JEUNESSE OUVRIÈRE CHRÉTIENNE D’AMÉRIQUE (JOCA)
SUR LA SITUATION DU VENEZUELA.

La Jeunesse Ouvrière Chrétienne d’Amérique, organisation qui, à partir des jeunes travailleurs, accompagne l’impulsion des peuples vers leur autodétermination et la construction de leurs propres projets de libération, veut aujourd’hui exprimer sa préoccupation par rapport à la crise vénézuélienne, comme expression de la réalité vécue aussi dans différents endroits du continent, ou selon les mots de José Martí dans « Notre Amérique », où se livrent des confrontations sanglantes, cachées ou explicites, qui deviennent difficiles à masquer, à nier et qui touchent
directement ou indirectement la vie de nous tous, jeunes travailleurs de cette région. Voici notre position sur la situation au Venezuela.
Nous déclarons que:

– La crise vénézuélienne s’inscrit dans le prolongement d’un processus d’affaiblissement des démocraties dans l’ensemble de la région. Il est inquiétant de voir comment diverses stratégies ont été élaborées pour détruire des gouvernements légitimement élus, où nombre de leurs gouverneurs ont été traduits en justice en dehors du cadre de la loi, poursuivis et même emprisonnés. Et au Venezuela, il y a une nouvelle stratégie qui consiste à briser la démocratie en imposant à l’étranger un gouvernement parallèle, violant ainsi le texte constitutionnel de ce pays.

– Les causes immédiates de cette situation de crise dans le pays sont multiples, certaines historiques, géopolitiques, mais surtout économiques. Aujourd’hui, le Venezuela est un pays qui continue d’être un profond mono-producteur (de pétrole), un dollar illégal alimenté par les États-Unis, qui mange les salaires des travailleurs et augmente sans autre logique rationnelle que celle des mafias commerciales, une hyperinflation quotidienne qui ne permet pas la stabilité de la vie quotidienne, une impunité criminelle des banquiers et autres fraudeurs qui tirent profit de cette crise, un gouvernement amoindri incapable de mener à bien des politiques économiques révolutionnaires pour résoudre la crise et une opposition rampante totalement vendue aux intérêts des puissances étrangères qui n’a eu aucun mal à démontrer ses intérêts de classe, son
racisme et son mépris vis-à-vis de la population la plus pauvre, et qui conspire quotidiennement pour assurer son installation au pouvoir.

– Le Venezuela est un pays démocratique, avec des instances formelles et 5 pouvoirs établis par la constitution. L’élection de la présidence est toujours le résultat d’élections, toute voie qui tente de modifier cette voie viole le droit des peuples à l’autodétermination. C’est un pays souverain qui a le droit de régler ses problèmes et de résoudre sa crise par les moyens démocratiques établis par sa constitution et ses lois ; nous sommes contre
toute ingérence impérialiste et dans ses affaires intérieures.

– Les sanctions unilatérales et les mesures coercitives appliquées par le Gouvernement des États-Unis et ses alliés violent le droit international et portent atteinte aux droits humains du peuple vénézuélien, ce qui se traduit par la précarisation des conditions de vie, le démantèlement du système de santé publique et de vastes mouvements migratoires des Vénézuéliens vers d’autres pays, essentiellement des jeunes.

– Malgré la crise et les conditions de vie précaires des Vénézuéliens, il est faux que le Venezuela soit plongé dans une guerre civile et qu’en ce moment une situation de génocide se développe à l’intérieur du pays, comme le fait la presse internationale au service des classes puissantes.

– Les Etats-Unis n’ont pas l’intention d’aider le peuple vénézuélien, au contraire, le but du gouvernement américain, de l’UE et des autres puissances occidentales est de saisir les sources de pétrole du territoire en question. Il y a une grande machine médiatique qui fonctionne à partir des laboratoires américains, destinée à créer une réalité et des vérités sur le pays qui n’existent pas, à justifier certaines actions très dangereuses sur le continent et à dissimuler les intentions réelles des pays et acteurs impliqués.

– Tandis que les gouvernements des Etats-Unis et de l’Union européenne font des discours arrogants dans lesquels ils se vantent d’une part de leur immense gentillesse en accordant une « aide humanitaire » au Venezuela, d’autre part, ils renforcent le blocus économique contre le pays, gèlent les comptes internationaux du pays et volent sans vergogne l’or qui appartient aux Vénézuéliens.

– Dans cette machine médiatique, règne le double standard des gouvernements d’affaires qui ont reconnu le faux  » président  » imposé par les Etats-Unis au Venezuela ; mais à l’intérieur de leur pays, ils rendent leurs graves problèmes invisibles et colorés comme celui du gouvernement colombien qui développe un véritable génocide contre son propre peuple, comme celui de l’Argentine qui a considérablement appauvri la vie de la
population et a terriblement endetté la nation, comme celui du Brésil qui développe une politique d’extermination contre les mouvements sociaux et où la corruption entoure le cercle familial du président lui même et le gouvernement espagnol monolithe qui essaie d’apprendre la démocratie aux autres nations quand il soutient et reconnaît toujours une royauté sur son territoire.

– Ces situations créent un précédent très dangereux pour le reste des pays d’Amérique, ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela pourrait se produire demain dans un autre coin de notre Amérique.

Face à cette réalité, JOC Amérique exhorte :

  • La classe ouvrière et le mouvement ouvrier continental dans son ensemble à se déclarer contre ces menaces impériales et à offrir la solidarité caractéristique des travailleurs, c’est-à-dire à se mettre à l’avant-garde de la défense de nos camarades vénézuéliens, de leur vie, de leurs conquêtes et surtout de leur dignité comme peuple.
  • Les mouvements sociaux et le mouvement syndical d’Amérique et du monde, à unir leurs forces pour mettre fin à cette escalade violente des menaces contre les Vénézuéliens.
  • Les gouvernements d’Amérique et du monde à retirer le soutien accordé à un prétendu gouvernement qui n’a pas été élu par les Vénézuéliens et qui ne jouit pas de légitimité et de légalité pour son propre peuple.
  • Le peuple vénézuélien à continuer à résister à la crise, à combattre avec plus de force les déviations de son gouvernement par rapport à la voie des transformations révolutionnaires qu’il a construite au cours des 20
    dernières années de son histoire.
  • Le gouvernement du Venezuela à chercher des solutions radicales et révolutionnaires à la crise économique, à mettre fin aux mafias qui s’enrichissent avec la crise, à protéger les conquêtes du peuple vénézuélien.
  • L’opinion publique internationale à exprimer explicitement son rejet de la nouvelle escalade internationale de l’ingérence au Venezuela.
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