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Notre local « La tanière » comme îlot de résistance.

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Depuis quelques mois maintenant, des jeunes jocistes occupent un lieu partagé entre plusieurs associations rue du Marché à La Louvière. Ce local est désormais l’endroit où ils et elles se rencontrent et développent leurs activités :

« Face à la pression du système qui essaie de nous faire croire que tout s’achète, qu’il est impossible d’agir et de comprendre, nous avons créé une tanière confortable pour tout le monde ». Pour que cet espace et ses activités soient ouverts le plus largement possible, le prix libre y est d’application. Il permet à tout le monde de participer, mais aussi de se responsabiliser dans un élan solidaire vers plus d’autogestion.

L’occupation de cet espace est née des permanences « Stop Précarité » qui y sont organisées par les JOC tous les mercredis. Cette permanence a été créée en premier lieu comme une initiative visant les questions liées au travail et à la formation. Des ateliers « CV et lettres de motivations» ont été organisés et conçus comme des espaces sains où l’individu n’est pas coupable de ne pas trouver immédiatement du travail. Cela a permis de libérer la parole dans le groupe qui a ensuite élargi ses champs d’action à d’autres problématiques : défense de l’accès aux formations, défense du travail digne, lutte contre les discriminations à l’embauche, soutien aux sans-papiers et aux victimes de harcèlement à l’école, en passant par les problèmes de logement. Différents projets et groupes ont vu le jour de ces réflexions et discussions :

« Le cycle de déconstruction du harcèlement à l’école nous a fait réfléchir aux différentes expressions de la discrimination dans notre société. Il nous a permis de développer une réflexion transversale sur la triple domination et la notion de privilège, une notion parfois mal connue, car il est toujours difficile de se rendre compte de ses privilèges tant que l’on a le nez dessus. Des outils d’animation pour mettre en lumière des situations de privilège ont aussi été développés ».

Cette dynamique se reflète dans la création des groupes « Stop sexisme » et « Racisme/ Décolonisation » où l’on peut aborder l’histoire, le vécu et les actualités. Des ciné-débats sont programmés et on s’y organise pour porter des revendications à l’extérieur et sensibiliser son entourage. Un magasin gratuit ouvert à tous·tes a aussi été lancé et une boîte à couture bien fournie est venue renforcer l’idée d’étendre l’objet initial du magasin pour y faire de la récup à base de vieux tissus. Il est fréquenté par les habitant·e·s du quartier, par les enfants de l’école de devoirs qui y viennent pour choisir jouets et costumes, par les associations locales et les autres occupants du bâtiment ainsi que leur public notamment les apprenant·e·s en français langue étrangère. À partir du magasin gratuit, des thèmes tels que le système de consommation, le gâchis et l’omniprésence de la publicité sont abordés:

« Parce qu’on ne peut pas lutter quand on est ignorant ; on accueille, on partage nos compétences, nos découvertes culturelles, on apprend des nouvelles langues, on réveille cette étincelle de conscience et cette envie de lutte pour un monde meilleur. La meilleure façon de faire vivre les lieux c’est de se les approprier !

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