Pas tous logés à la même enseigne

« Dans ma rue, il y a une maison vide. Je n’ai jamais vu quelqu’un y entrer ou en sortir. Elle semble abandonnée depuis plusieurs années. Ses volets fermés, toutes les entrées ont été condamnées ou complètement murées ». Tu as déjà entendu une histoire similaire ? Cette maison c’est le symptôme d’une crise plus globale. Pourtant, les réponses institutionnelles existent. Encore faut-il les mettre en œuvre !

Dans la région bruxelloise, plus de 30.000 logements sont laissés à l’abandon alors que 40.000 ménages sont sur les listes d’attente pour les logements sociaux et plus de 2000 sans-abris sont recensés dans les services d’accueil officiels.

Récemment, le CODES (Comité de défense de Saint-Gilles) et le RBDH (Rassemblement Bruxellois pour le droit à l’habitat) ont interpellé la ville de Saint-Gilles. 150 bâtiments vides ont été repérés par les associations, ce qui représente l’équivalent de 750 logements. Avec cette action d’interpellation, les deux associations entendent rappeler aux communes qu’elles disposent de certains outils pour contraindre le propriétaire à intervenir.

En effet, les pouvoirs publics possèdent des outils législatifs qu’il serait temps mettre en œuvre. Pour exemple, le Code bruxellois du Logement stipule notamment le droit pour les pouvoirs publics de prendre en gestion un bien inoccupé ou insalubre depuis au moins un an. Autre possibilité, les communes peuvent appliquer une taxation sur les logements vides, ce qu’elles ne font encore que trop peu. Il est temps également que les pouvoirs publics mettent en œuvre une politique volontariste de construction de logements sociaux, quitte à légiférer pour contraindre les communes réfractaires à accueillir leur part de logements sociaux sur leur territoire !

Discriminations : la mérule des locataires

La question des logements vides n’est qu’une partie d’une problématique beaucoup plus large. L’accès à un logement décent à un prix abordable dans un marché locatif dérégulé est devenu un parcours du combattant, particulièrement pour les jeunes issus des quartiers populaires. Dans ce parcours, ils sont en effet soumis à de multiples obstacles et discriminations.

Ces dernières peuvent être indirectes. Elles se marquent alors par une inadéquation entre l’offre de logements disponibles et la demande du candidat locataire, que ce soit en terme de prix, de surface ou de type de logement. Ces discriminations apparaissent aussi plus directement dans le rapport entre le bailleur et le locataire.

L’accent, le nom, le type de revenus, la couleur de peau, le handicap… sont encore trop souvent source de discrimination. C’est pourquoi, les jeunes jocistes, réunis au sein du GTA Logement ont décidé de mener dans les prochains mois, une action de « testing » sur la discrimination dans l’accès au logement. Toi aussi, viens te mettre dans la peau d’un locataire pour découvrir les facteurs les plus discriminants [1] !

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