Justice Pour Mawda : stop à l’impunité des crimes policiers !

26 juin 2020 à 09:00

Rue de Nimy 35, 7000 Mons

Le Comité apprend que l’affaire Mawda passe ce vendredi en chambre du conseil (tribunal de Mons). “Les convocations pour la chambre du conseil ont été envoyée le vendredi 19 juin, la consultation des pièces par les avocats sera possible à partir de mardi 23 juin et la chambre du conseil se réunit le 26 juin” (Michel Bouffioux). La juge d’instruction voudrait-elle rapidement clôturer le renvoie des charges avant les vacances ? Nous prenons acte du fait que l’affaire est instruite au nom du présumé chauffeur de la camionnette et non du policier, chauffeur qui se retrouve dès lors principal inculpé. C’est la conséquence de toute la stratégie d’impunité largement soutenue par le parquet de Mons. On se souvient que le policier qui a armé son pistolet et tiré sur la camionnette touchant mortellement Mawda en pleine tête n’a été inculpé que très tardivement (en pleine campagne du Comité avec Code rouge), que son arme lui a été remis et qu’il n’a pas fait un seul jour de prison malgré qu’il ait reconnu les faits dès le premier jour. Le présumé chauffeur de la camionnette qui nie pourtant les faits, contre lequel il n’existe aucune preuve (personne ne l’a identifié comme chauffeur) lui est en prison, et accusé de principal suspect. On a quand même fortement l’impression que le présumé chauffeur est déjà en train de payer à la place du policier. La seule arme qui a tiré et tué cette terrible nuit était dans les mains du policier et il a tué Mawda. Le fait de considérer la camionnette comme une “arme par destination” (alors que le co-équipier reconnait lui même qu’i n’y a eu aucune embardée qui aurait pu faire dévier la balle) est évidemment une fiction policière visant à qualifier d’involontaire l’homicide. Tout l’affaire Mawda montre cette collusion entre la police et la justice, comment la justice fabrique (le parquet, la juge d’instruction) l’impunité policière. Dans le contexte du soulèvement Black Lives Matter qui pose au centre du débat public la question des violences policières, nous décidons de lancer une extension du mouvement : “Occupy Justice”. Nous n’avons jamais considéré la justice comme une boite noire d’où il faudrait attendre passivement la vérité, car nous avons appris que dans les cas de crimes policiers la vérité judiciaire est une fabrique de l’impunité. Nous lançons un rassemblement devant les marches du Palais de Justice de Mons ce vendredi 26 juin à 9H pour faire entendre une voix forte contre l’impunité. Un non lieu ou une suspension du prononcé pour le policier serait une véritable provocation. On ne tire pas en pointant son arme vers le chauffeur de la camionnette sans intention de tuer, la qualification d’homicide involontaire est absolument inappropriée, si cette qualification était retenue par la chambre du conseil de Mons, cela pourrait être interprété comme un permis de tuer implicite. Même le comité P rappelle que l’on ne tire pas sur une “cible en mouvement”. Il est temps de mettre fin à l’impunité !!!