Covid-19 : l’Union Syndicale Étudiante (USE), les Jeunes FGTB, les JOC-Bruxelles et les Étudiantes en grève le 8 mars à l’ULB demandent l’extension du chômage temporaire pour les jobistes et mettent en place un réseau d’entraide pour les étudiant·e·s

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Les mesures prises pour faire face à la propagation du Covid-19 impactent de plein fouet des centaines de milliers de travailleurs·euses, qui sont actuellement privé·e·s de revenu, particulièrement dans les secteurs qui emploient un grand nombre d’étudiant·e·s jobistes (bars, restaurants, commerces…). Cette situation est grave, et des mesures doivent être prises pour garantir au maximum le maintien du revenu des travailleurs·euses, afin d’éviter que les inégalités se creusent et qu’une crise sociale plus grave ne s’ajoute à la crise sanitaire.

Ainsi, alors que des fonds sont débloqués pour les entreprises, les revendications de la FGTB ont été entendues et certaines dispositions ont été prises par l’ONEM concernant le chômage temporaire, notamment le relèvement du pourcentage de l’indemnité de 65 à 70% du salaire et l’extension du droit au chômage temporaire pour cas de force majeure à l’ensemble des travailleurs·euses touché·e·s par le COVID-19. À savoir, toutes celles et ceux qui seraient dans l’incapacité de se rendre à leur travail, y compris certaines catégories les plus vulnérables comme les jeunes travailleurs·euses qui n’ont pas encore droit au chômage classique et les apprenti·e·s en formation en alternance.

Cependant, il reste de nombreuses catégories de travailleurs·euses pour qui le droit au chômage ne s’applique pas. Parmi elles, les étudiant·e·s jobistes, qui se retrouvent sans aucun revenu puisqu’ils/elles sont forcé·e·s d’arrêter de travailler et ne peuvent plus prester leurs heures. Le statut étudiant en vigueur en Belgique permet aux employeurs de disposer d’une main d’œuvre à bas coûts, puisqu’ils sont dispensés de payer les cotisations sociales pour les étudiant·e·s jobistes. Ces économies dans le chef du patronat se traduisent par une absence quasi totale de droits sociaux pour l’étudiant·e, que ce statut expose à l’insécurité. Cette précarité est d’autant plus visible aujourd’hui que la crise sanitaire impose la fermeture de secteurs usant et abusant de contrats étudiants. Sans revenus, les jobistes risquent de tomber dans la précarité, et voir leurs conditions de vie, déjà précaires, s’aggraver. Nous demandons donc que les étudiant·e·s, ainsi que tous·tes les précaires privé·e·s de revenus, aient accès au chômage temporaire pour cas de force majeure.

Il nous semble plus que jamais nécessaire de renverser la manière dont on considère les étudiant·e·s dans notre société : non plus comme des travailleurs·euses en formation, mais bien comme des travailleurs·euses de plein droit, inclus dans le système de sécurité sociale. Les étudiant·e·s, par leurs nombreuses activités actuellement sous-payées ou exercées à titre gratuit, participent à la production, que ce soit en tant que jobiste, stagiaire, étudiant·e ou apprenti·e. Les avantages à leur employabilité pour les patrons doivent être supprimés, et il faut instaurer en parallèle un salaire étudiant qui permette de reconnaître leur activité essentielle dans la production générale. Le temps est venu de mettre fin au statut précaire d’étudiant·e jobiste, et d’exiger l’instauration d’un salaire étudiant. Seule la garantie d’un revenu durant lesétudes permettra d’en finir une bonne fois pour toutesavec la précarité étudiante.

Par ailleurs, les mesures prises par le gouvernement ne doivent pas aggraver les conditions des personnes les plus précaires de notre société. Durant cette crise exceptionnelle, les paiements non-nécessaires doivent être annulés (et non reportés) : loyers, factures, crédits, etc. sans que cela ne provoque des expulsions. Les travailleurs·euses des secteurs productifs et reproductifs qui doivent continuer à se rendre au travail, et ce sans mesures de protection suffisantes, sont eux/elles aussi mis en danger. Nous soutenons donc les différents appels qui ont émergé cette semaine :

  • La grève générale de la production sauf pour les secteurs essentiels (administration, alimentation et santé) ;
  • La grève des paiements : loyers, crédits, factures ;
  • La création d’un fonds de crise (financé par les grandes entreprises) pour le maintien du salaire des travailleurs·euses à 100 % (via un complément de l’employeur) ;
  • L’interdiction de licenciement des travailleurs·euses jusqu’à nouvel ordre, afin d’éviter tout comportement abusif des employeurs envers des travailleurs·euses potentiellement malades, à risque, ou qui viserait à maintenir le travail dans des conditions dangereuses).

N’oublions pas également tous·tes les autres travailleurs·euses précaires, notamment les travailleuses des titres-services, les intérimaires, les travailleurs·euses au noir, les travailleurs·euses sans-papiers et les travailleurs·euses du sexe… qui n’ont pas non plus de revenu de remplacement. N’oublions pas nos camarades des secteurs de la santé, qui doivent lutter contre cette épidémie dans des conditions de travail déplorables, et dans un contexte de sous-financement structurel. N’oublions pas toutes les personnes enfermées, qui se voient imposer un isolement et des conditions d’hygiène plus déplorables encore qu’à l’habitude. Enfin, n’oublions pas toutes les personnes sans-abri, qui ne peuvent rester chez elles, puisqu’elles vivent dans la rue. Nous sommes solidaires de leurs revendications, et nous dénonçons la répression policière qu’engendrent déjà les mesures de confinement.


Enfin, pour faire face aux situations difficiles qui arrivent, nous avons mis en place avec Infor-Jeunes Bruxelles un réseau d’entraide et de solidarité étudiante. Tout·e étudiant·e peut nous rejoindre sur le groupe Facebook « Solidarité étudiante – Covid 19 – Belgique »pour y poser ses questions ou y apporter son témoignage. Des syndicalistes et des juristes y sont présent·e·s pour venir en aide à celles et ceux qui le désirent et qui en ont besoin.


Communiqué signé par : l’Union Syndicale Étudiante, les Jeunes-FGTB, les JOC-Bruxelles, et les Étudiantes en grève le 8 mars à l’ULB

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