De l’injustice paralysante vers l’injustice mobilisante : 8 mois ferme pour s’être rendu sur la ZAD

Tout commence quand les matraques atteignent son crâne, elles le percutent comme pour sonner le début de ce processus d'isolement qu'est la répression. Depuis la violence jusqu'au jugement délivrant la « justice », de la matraque au marteau, aucune différence. La violence est la même et entre ces deux coups le processus d'isolement donne cet ingrédient nécessaire à la « justice » paralysante : la fatalité.

Tout commence quand les matraques atteignent son crâne, elles le percutent comme pour sonner le début de ce processus d’isolement qu’est la répression. Depuis la violence jusqu’au jugement délivrant la « justice », de la matraque au marteau, aucune différence. La violence est la même et entre ces deux coups le processus d’isolement donne cet ingrédient nécessaire à la « justice » paralysante : la fatalité.

C’est bien cet ingrédient qui nous pousse vers une dénonciation de l’injustice qui est paralysante. En effet, il faut dénoncer ces situations et la répression qui est devenue banale dans le pays des « droits de l’Homme » – où l’on peut prendre 8 mois ferme pour quelque-chose qu’on n’a pas commis (ou prendre 4 mois ferme pour… possession de pétards à mèche, en vente libre, comme nous l’apprend le cas d’une autre personne belge) et où les procès sont de plus en plus politiques.

Le pouvoir veut installer un climat de répression anxiogène.

Cependant, il ne faudrait pas que ce cas fasse le jeu de l’Etat. Il ne faudrait pas que cela paralyse nos imaginaires et nos engagements, nous empêche de continuer cette solidarité grandissante entre la Zad de NDDL et d’autres luttes “de territoires”, les cheminot.e.s, les étudiant.e.s, les postiers/ières, le monde hospitalier, etc… Car si la répression est violente c’est parce que Macron et son prétendu « état de droit » ont peur. Peur d’un soutien international à la Zad qui n’est que l’expression d’une envie de convergence dans la lutte face à leur monde et qui ne s’arrêtera donc pas, que ce soit lors de la dernière tentative d’expulsion ou lors de la prochaine.

Alors oui, la répression peut nous donner cette envie de tout arrêter, peut nous paralyser, mais elle est l’apogée de ce contre quoi nous luttons : l’injustice. C’est en ce sens qu’elle politise, plus qu’elle ne paralyse, toutes les personnes qui se sentent concernées. Elle met en avant toutes les failles du système actuel. C’est pourquoi cette injustice, qui a frappé hier de nombreuses personnes dont les luttes ont permis que l’aéroport ne se fasse pas, et frappe aujourd’hui de nombreuses autres qui continuent de lutter contre son monde, doit devenir mobilisante. C’est pourquoi cette répression ne doit pas seulement être dénoncée mais doit devenir un moteur, un moteur de convergence.

Face au processus d’individualisation propre à la répression et à notre monde où nous sommes toutes et tous divisé.e.s, compartimenté.e.s, il est temps que nous créions et renforcions du commun. Comme nous le montre Notre Dame Des Landes, c’est avant tout le fait de nous réapproprier nos vies en dehors de leur monde vertical et segmentaire qui les dérange. Il est donc bon de se lever face à l’injustice, de se rencontrer pour que nos vies se libèrent de l’isolement, afin de créer ces mondes pleins de couleurs qui leur font peur. La répression doit devenir une perche tendue pour plus de convergence entre les différentes strates de la population qui la subissent, tout en étant conscient.e.s qu’elle nous atteint chacun et chacune différemment car la justice est raciste et classiste. C’est pour cela que nous avons ici une très grosse pensée pour la famille Traoré, et de nombreuses autres familles avant et après elle, qui subissent de plein fouet le processus que nous venons de décrire.

Alors oui, on pourrait se contenter de ce constat mais nous pensons qu’il faut aller plus loin : que des zadistes à la famille Traoré, des ouvrières/ers aux étudiant.e.s en lutte, que la convergence se vive en actes et non seulement sur des murs facebook.
La Zad et ses mondes vivront !
Un texte du Comité liégeois de soutien à la ZAD de NDDL

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