Les JOC (Jeunes Organisés et Combatifs) de Bruxelles soutiennent les « working class heroes » de la STIB.

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Depuis le début de la crise sanitaire, des cohortes de « héros » ont suppléé l’incurie et l’incapacité de nos autorités à répondre aux besoins sanitaires, sociaux et collectifs de l’ensemble de la population et plus particulièrement celles et ceux d’entre nous dont la vie dépend de ces réseaux organiques de solidarité.

Migrant·e·s, sans-papiers, réfugié·e·s, sans-abri, personnes issues des quartiers populaires représentent les non-alignés dans l’intégration aux mesures sanitaires de protection. Ces non-alignés ont bien heureusement reçu le soutien vital et créatif d’une myriade de collectifs, d’individus, de travailleurs·euses de première ligne (personnel médical, caissières, bénévoles, etc.) qui ont su produire des réponses concrètes et efficaces face aux négligences infrastructurelles de nos dirigeant·e·s. Ces impérities combinées aux politiques sécuritaires ciblées ont conduit la structure civile réticulaireà dénoncer les fondements de la gestion politique de notre état.

Absence de planification concrète des besoins et des matériaux sanitaires, déficience dans le partage général des ressources médicales, défaillance dans les indicateurs proposés par Sciensano ( Institut scientifique de santé publique)  qui omettent les composantes de classe, de race dans l’observation des données, stimulation de l’ordre sécuritaire, etc.

Ces absences sont le résultat logique de décennie de politiques racistes et néolibérales à partir desquelles la société civile tenta de s’opposer en constituant des circuits de résistance qui ont pris formes diverses et variées (centres de première ligne de distribution de nourriture, santé en lutte, réseaux de solidarité locaux, le collectif Justice pour Adil, etc.).

Afin de palier, à leur tour, à ces absences performantes, les conducteurs·trices de la STIB ont rejoint le front des résistant·e·s en exigeant sur base de revendications légitimes, l’instauration d’une sécurité collective des travailleurs·euseset des usagers. Avec la réouverture de nombreux secteurs d’activité, ce sont des milliers de conducteurs·trices et l’ensemble des usagers qui sont mis en danger.

En effet, selon une étude britannique du BMC Infect Dis, les transports en commun représentent des espaces infectieux qui multiplient par six les risques d’infection respiratoire.

Les conducteurs·trices, suite à cette mise en danger criminelle, ont refusé de rouler à tombeau ouvert et ont engagé une action collective d’activation de revendications, d’un droit de retrait et de la sécurité pour toutes et tous.

Nous soutenons donc les mesures légitimes proposées par les conducteurs·trices. :

  • Limitation du nombre de voyageurs pour assurer le respect de la distanciation physique dans les transports en commun
  • Mise à disposition de masques par les autorités publiques pour rendre effectif le port du masque généralisé
  • Désinfection du véhicule après chaque service
  • Suspension des services coupés
  • Éviter les déplacements inutiles
  • Paroihermétiquepour les postes de conduite

Face au silence assourdissant de la STIB et de la région, les conducteurs·trices ont fait usage du droit de retrait. Ce droit, s’il reste un droit individuel a bien évidemment une portée collective et sociale de protection de l’ensemble des usagers et de la population.

Nous appelons la direction de la STIB et la Région bruxelloise, à cesser immédiatement toutes les menaces envers les travailleurs·euses. Selon Sophie Remouchamps, avocate au barreau de Bruxelles, « il n’appartient pas à la direction de décider si le droit au retrait est fondé ou non, seul un tribunal du travail peut le faire sur base de document écrits. »

Nous appelons la ministre compétente au respect des travailleurs·euses et à la reconnaissance du caractère collectif de cette action. En déclarant « Comme ce n’est pas une grève officielle, ce sont des actions sauvages. Ils ne sont donc pas payés… » ou encore « Je pense que cet accord mérite d’être étudié et il faut donner le temps aux employés pour bien le lire », Elke Van den Brandt tend à invisibiliser le caractère légitime et la portée collective de cette action. Parler d’action sauvage et sous-entendre que les travailleurs·euses auraient besoin de temps pour comprendre et lire le protocole d’accord en dit long sur les composantes racistes qui conditionnent le discours et les pensées ayant cours dans les cénacles qui nous gouvernent.

En tant qu’organisation de Jeunesse, nous appelons, les citoyens·nes, les mouvements sociaux, et particulièrement les syndicats à soutenir cette action collective et à mettre à disposition des travailleurs·euses en lutte tous les moyens nécessaires à l’obtention des revendications énoncées par les conducteurs·trices. Ces revendications concernent la sécurité des travailleurs·euses mais plus directement la santé et la sécurité de tous·tes les bruxellois.es

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