Kot (H).Umain : construire la solidarité avec les exilé.e.s

Depuis bientôt deux ans, le Kot (H).Umain, un collectif d’étudiant.e.s de l’Université de Mons, construit la solidarité avec les migrant·e·s exilé·e·s. Face à la répression des migrations mise en oeuvre par les gouvernements européens et le gouvernement belge, iels se sont mobilisés pour rendre leur Université « Hospitalière » et s’organisent au quotidien pour apporter un soutien logistique et politique au migrant·e·s. Dans cet article, nous revenons sur la genèse de se projet ainsi que sur les activités misent en place par le Kot (H).Umain.

En 2015, le nombre d’exilé·e·s qui souhaitent introduire une demande d’asile à l’Office des étrangers afin d’obtenir le statut de réfugiés est en augmentation. Le gouvernement MR/NVA et le secrétaire d’État à l’asile et à la migration Théo Francken se refusent à mettre en œuvre des mesures qui permettraient à la Belgique de respecter le droit belge et international en permettant à toutes les personnes qui le souhaitent de déposer d’une demande d’asile et d’obtenir un hébergement.

Face à l’immobilisme gouvernemental qui organise la saturation de l’Office des étrangers, le parc Maximilien, situé en face de l’Office des étrangers devient le lieu de vie de nombreu. x. ses migrant. e. s dans l’attente de leur rendez-vous. Avec le soutien des habitant. e. s du quartier, d’associations et de citoyen.ne. s, un véritable camp de réfugiés fonctionnera pendant plusieurs semaines en plein cœur de Bruxelles.

En 2016, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés se structure sur base de l’Assemblée générale du parc Maximilien. Dans un premier temps, l’objectif est d’obtenir des solutions structurelles à la crise de l’accueil. Face à la passivité des autorités publiques et à l’intensification de la répression des migrant.es présent. e. s au parc Maximilien, la Plateforme citoyenne mettra en place un hébergement collectif pour les ainsi qu’un accueil dans des familles. Pendant plus d’une année, 650 personnes seront hébergées tous les soirs par des hébergeurs.euses solidaires ou à la porte d’Ulysse.

La lutte de la plateforme et de la société civile ne se concentre pas uniquement sur aide d’urgence : pour répondre au projet du gouvernement d’autoriser les rafles de migrant·e·s résidant chez les hébergeurs.euses (visite domiciliaire), une campagne est lancée pour à rendre les communes hospitalières afin qu’elles s’engagent à leur échelle, pour une politique migratoire basée sur l’hospitalité, le respect des droits humains et les valeurs de solidarité.

À l’Université de Mons, durant l’année 2018, iels sont plusieur·e·s étudiant·e·s a héberger des migrant·e·s dans leur logement. Afin de développer la solidarité entre les étudiant.e.s et les exilé.e.s et pour permettre au plus grand nombre de participer aux activités d’hébergement, des étudiant. e. s vont s’associer à des professeurs pour pousser l’université de Mons à se déclarer en juillet 2018 « Université hospitalière ».

En parallèle, le Kot (H).Umain se structure en collectif et une demande est introduite auprès des autorités pour que le projet puisse disposer d’un local et d’un logement universitaire. Désormais, il est possible pour les étudiant·e·s d’héberger des migrant·e·s sans s’exposer à des sanctions.

Les développements du Kot (H). Umain s’accélère à partir de la rentrée 2018. Des récoltes de dons sont organisées pour répondre aux besoins. Des dizaines d’éxilé·e·s sont hébergé·e·s et mis à l’abri des violences extérieures. Des activités ludiques sont organisées à destination des mineurs non-accompagné·e·s. Le collectif participe également aux mobilisations de soutien sans-papiers et à lutte contre la répression des migrations. Une membre du Kot (H).Umain nous explique : « On voulait organiser une solidarité concrète et des espaces de rencontre entre les étudiant·e·s et les exilé·e.·s. On refuse de se limiter à organiser des conférences sur le campus pour faire des actions de sensibilisation. »

À la rentrée 2019, le Kot (H).Umain à décider de développer de nouvelles activités : « L’hébergement d’urgence ne sera plus une activité centrale. Nous souhaitons nous concentrer sur l’accompagnement des personnes qui dépose une demande d’Asile, sur le soutien aux exilé·e·s enfermé·e·s dans les centres fermés et les récoltes de dons ».

Les membres du collectif savent que, au vu du résultat des élections dans une partie du pays, mais aussi en Europe, leur combat n’est pas près de s’arrêter. Ils sont prêt·e·s à continuer à construire les solidarités étudiantes avec les exilé·e·s et à lutter pour un monde sans frontières, pour qu’un jour, tout cela s’arrête.

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