La Journée Internationale contre les brutalités policières avait lieu le 15 mars. La manifestation organisée à cette occasion par la Campagne STOP Répression de la JOC dans les rues de Bruxelles a réuni plus de 1000 personnes. Dans une ambiance combative et militante, les manifestants y ont dénoncé la logique du tout sécuritaire, le recours du gouvernement aux forces de police pour appliquer leurs mesures antisociales et la criminalisation des mouvements sociaux. Décryptons cette violence…

La Journée Internationale contre les Brutalités Policières est née en 1997 à l’initiative du Collectif Opposé à la Brutalité Policière, basé à Montréal, au Canada. Les violences policières sont un véritable problème de société. Des syndicalistes poursuivis au jeune brutalisé à Montgomery, en passant par les anti-fascistes tabassés à Trône à Jonathan Jacob, incarcéré à Mortsel et battu à mort par la police, les violences et les abus se sont multipliés. Les victimes se voient souvent privées de la vérité et de la justice en se retrouvant elles-mêmes criminalisées et poursuivies pour rébellion. Cette situation alimente l’impunité des policiers et la méfiance de la population par rapport à la police.

Ces violences policières font partie d’une vision politique de la société. La crise et l’accroissement de la pauvreté créent tous les jours plus d’exclus et de tensions sociales. Parallèlement, les gouvernements répondent à la crise par toujours plus d’austérité. Les coupes budgétaires dans l’associatif, l’augmentation des prix et la diminution des investissements dans les services publics en sont quelques exemples. En réponse, les populations organisent des résistances . Mais face à la colère sociale, la réponse de l’État est celle du tout sécuritaire, de la violence et de la répression. Des portiques dans le métro aux caméras de sécurité en passant par les sanctions administratives communales, nous vivons dans un cadre de plus en plus répressif et contrôlé.

Pourtant, l’idée que : « Plus de policiers et plus de force brute amènent plus de sécurité. » est tout sauf fondée ! Les pays les plus ’’sûrs’’ et les plus harmonieux sont les pays les plus égalitaires en termes de revenus, pas ceux où il y a le plus de policiers. C’est la justice sociale qui garantit une vie pacifique et harmonieuse à tous. Au contraire, l’austérité creuse les inégalités, crée l’exclusion et nourrit le désespoir et la colère. Ceux-ci sont alors instrumentalisés pour justifier plus de policiers, des Flashball et des Tasers et des lois qui augmentent la répression et le contrôle des citoyens. Les politiques menées alimentent donc la violence qui justifiera à son tour plus de policiers… dans un cycle sans fin.

Voici bientôt deux ans que la JOC se mobilise sur la question de la répression présente depuis longtemps dans les quartiers populaires et chez les jeunes. Construite en cinq axes (STOP au racisme dans la Police, STOP à la répression des mouvements sociaux, STOP au tout sécuritaire, STOP aux Tasers et Flashball et STOP au fichage généralisé), la campagne de la JOC veut reconstruire un discours progressiste sur la question sécuritaire et dénoncer son instrumentalisation par le monde politique.

La manifestation de ce vendredi 15 mars a confirmé que le sujet gagnait en importance et conscientisé de nombreuses personnes. Il devient maintenant de plus en plus difficile pour la police et le gouvernement d’ignorer le problème. Ce succès confirme l’ampleur de la campagne et annonce la poursuite de notre lutte !