Stop aux rafles des sans papiers

25 septembre 2017

Ce 20 septembre 2017, nous étions plus 300 manifestants devant l’Hôtel de Ville de Schaerbeek pour dénoncer le rôle du bourgmestre dans les récentes rafles de personnes sans-papiers à la gare du nord et aux alentours. Nous nous sommes ensuite dirigés en cortège vers l’Office des étrangers. Le but était de dénoncer la complicité entre le gouvernement fédéral et les autorités communales.
 


L’appel
Chaque jour, les arrestations de personnes sans papiers se multiplient à la Gare du Nord, au parc Maximilien et dans leurs alentours, dont une ayant touché 45 personnes mercredi dernier. Elles sont brièvement relayées par les médias, tant elles sont nombreuses.
Elles peuvent être qualifiées de rafles : elles sont tout autant massives que violentes et visent à déporter des personnes dont le seul crime est de se trouver là où les pouvoirs publics ne veulent pas qu’ils soient, les privant de liberté et les envoyant dans des centres fermés. Qu’ils soient majeurs ou mineurs, ces personnes sont traitées comme un problème a résoudre, comme des chiffres à diminuer. La violence et le harcèlement des personnes sont également de mise lors de ces arrestations (confiscations et non-restitution des affaires des migrants, réveil brutal tôt le matin dans les tentes, etc.voir http://www.7sur7.be/7s7/fr/34762/Cr…), contrairement à ce que certifie le bourgmestre de la commune de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (DEFI).
Ces pratiques s’ancrent dans une politique nationale, régionale et communale bien précise. Sous le couvert d’une lutte antiterroriste ou justifiant leurs interventions au nom de la sécurité, c’est la liberté et même de la vie d’autres — dans les cas les plus dramatiques — qui sont sacrifiées.
Ces arrestations sont les conséquences directes de toute une série de lois et de mesures racistes prônées et appliquées par le gouvernement fédéral. Pas plus tard qu’hier nous pouvions lire que Théo Francken se félicitait de « nettoyer » le parc Maximilien (http://www.dhnet.be/actu/belgique/f…).
Le bourgmestre de Schaerbeek a également sa part de responsabilité puisqu’il a ordonné des arrestations, et se rend automatiquement complice de la politique raciste du gouvernement en donnant son aval aux interventions fédérales. Bernard Clerfayt déclare ne pas avoir le choix, mais nous décidons de le mettre face à ses contradictions : il a le choix de choisir entre une réponse répressive et raciste — celle qui lui est proposée par le gouvernement fédéral et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon et une réponse qui serait sociale et qui aurait pour but de reloger ces personnes dans des conditions décentes. S’il juge qu’il n’est plus responsable des arrestations ordonnées par le fédéral, qu’il se désolidarise publiquement de celles-ci en trouvant des moyens concrets pour y mettre un terme, définitivement.
Ce type d’arrestations est devenu trop courant, le risque que ces agissements soient banalisés et acceptés par le reste de la population est réel. Les arrestations et la répression ne sont pas une réponse adaptée à la situation d’urgence et de précarité extrême dans laquelle ces personnes se trouvent, seule la régularisation de tous les sans-papiers peut leur permettre d’avoir des conditions de vie décente. Ce jeudi, c’est une rafle d’une ampleur effrayante qui a été annoncée, pas moins de 250 arrestations sont prévues. Il est plus que temps d’agir.
Luttons ensemble contre ces lois et politiques racistes mises en place par le gouvernement fédéral et appliquées dans les communes, faisons pression contre les autorités communales pour que ces rafles cessent !

Facebook
Twitter
Email
Print
WhatsApp

LIRE PLUS

“La logistique est le nouveau monde ouvrier”, Rencontre avec David

La rencontre avec David a marqué un double intérêt pour nous tant du point de vue du contenu que de la méthode.
Ce qui se passe à Liège avec la volonté de résister à l’implantation d’une plateforme logistique comme Alibaba peut paraître à priori antagonique et contradictoire avec l’idée de défendre des ouvriers et des luttes ouvrières.
Mais que se passe-t-il à partir du moment où l’on pense l’écologie comme une position de classe ? N’est-ce pas d’ailleurs ce qu’a réussi à faire un mouvement comme les Gilets jaunes ?
La question sociale ne peut non seulement pas être évacuée mais les ouvriers, eux-mêmes, peuvent être un vecteur du changement écologique. Concrètement, cela reste très difficile, mais il faut enclencher des stratégies à long terme qui permettent de lever les contradictions.